Pourquoi les filles aiment les bourreaux des cœurs ? (et les garçons les garces ?)

Mis à jour : févr. 5

Pourquoi tombe-t-on amoureux des personnes les plus aptes à nous faire souffrir ?


Déjà, je voudrais m’attarder sur l’expression "tomber amoureux".

Car dans tomber amoureux, il y a «tomber» comme dans "tomber malade" ou "tomber bien bas". Ce qui indique non pas une élévation mais une dégradation de notre condition. (Rien n’a voir avec l’état de grâce que l’on s’attend à ressentir quand on pense avoir trouvé «l’âme sœur».)

Et s’est bien ce qui se produit. On flash sur quelqu’un, ou plus exactement, notre corps de souffrance reconnaît une énergie connue dans l’enfance, une énergie qui a alors été porteuse de souffrance, parce que l’on s’est senti mal aimé ou mal traité, Et notre inconscient se dit que seule l’énergie qui a généré cette souffrance peut la réparer.


C’est en partie vrai, mais pas de la manière dont on pense…

Car le scénario qui se joue dans notre inconscient est le suivant : papa (maman) ne m’a pas aimé(e) quand j’était petit(e), cette personne qui lui ressemble vraiment va, elle, m’aimer et donc effacer cet épisode douloureux de ma mémoire (ou plus exactement de mon corps de souffrance).


Pourquoi parle-t-on d’âme sœur ?

Et bien parce que cette âme qui nous attire porte la même emprunte énergétique que nous mais en négatif. Et de la même façon que le courant passe entre le pôle négatif et le pôle positif de deux piles, le courant passe entre 2 corps de souffrances complémentaires.


Tu as souffert de ce comportement enfant ? Parfait parce que je suis un expert en ce type de comportement.


Tu es un expert de ce type de comportement, parfait parce que je vais provoquer chez toi le déclic qui va te guérir et tu vas alors me traiter comme je mérite d’être traitée ce qui va réparer le préjudice que j’ai subi dans mon enfance du fait de ce type de comportement. Un peu comme si la rédemption de mon bourreau allait réparer les dégâts fait par son prédécesseur.


Mais le potentiel guérisseur de ce genre de rencontre ne se situe pas là car le scénario qui se joue ensuite entre les deux inconscients se transforme vite en un échange de reproches faits à l’autre de ne pas répondre à nos attentes.

Attente de réparation de la part de la «victime»

Victime qui va se sentir trahie par l’autre, car il n’a pas rempli la mission qu’elle lui avait assignée, mais aussi attente de la part du bourreau qui ne va pas comprendre pourquoi on lui reproche un comportement dont il ne s’était pas caché au départ et qu’il avait même revendiqué comme étant partie intégrante de sa personnalité, celle même dont l’autre était tombé amoureux.

S’en suit une spirale infernale et destructrice ou chacun va se sentir injustement traité, mal compris, mal aimé… et en faire le reproche à l’autre. N’ayant pas conscience de ce qui se joue exactement dans son inconscient la personne n’a pas conscience de ce qu’elle reproche exactement à l’autre, mais qu’elle traduit par « tu ne m’aimes pas » (chez la victime) ou « tu ne m’aimes plus » (chez le bourreau »).

Quand la souffrance atteint son paroxysme les personnes se sentent alors légitimes à faire souffrir l’autre en appuyant sur ses fameux « boutons » qu’elles connaissent par cœur et qui ont la capacité à mettre l’autre ko. Et le cycle infernal est en route….

Et pourtant, il y a bien un pouvoir réparateur dans ce genre de relation.

Ce pouvoir ce n’est pas l’autre mais nous même qui le détenons, à condition de devenir conscient de ce qui se passe réellement.

Lorsque l’on est « tombé amoureux », c’est à dire, tombé sur notre souffrance d’enfance déguisée en Prince Charmant, celle-ci ne va pas tarder à pointer son nez. C’est à ce moment qu’il faut comprendre ce qui se joue et aller explorer la souffrance qui se réveille plutôt que de reprocher à l’autre d’en être la cause.

Le vrai potentiel réparateur de ce genre de relation est dans notre capacité à comprendre que l’on est en train de rejouer un vieux scénario et qu’il est temps d’aller revisiter la blessure derrière la souffrance pour aller la nettoyer et y mettre un baume cicatrisant.

Ce processus est douloureux

Car il nécessite de repasser par la souffrance pour se rebrancher sur l’émotion qui permettra ensuite de remonter à la blessure d’origine, ainsi qu’à celles qui sont venues se greffer dessus par la suite selon le mécanisme décrit plus haut.


Pour reprendre l’analogie avec la plaie, il faut enlever le pansement que l’on a collé dessus pour ne pas sentir à nouveau, la nettoyer (enlever colère et rancœur) et appliquer un baume cicatrisant (c’est à dire l’amour qui a fait défaut dans le situation)

Il est ensuite important de respecter le temps de cicatrisation en se tenant éloigné de toute personne ayant la capacité de rouvrir la plaie, car à ce moment là, on se sent « guéri » et vacciné, ce qui n’est pas du tout le cas ; il faut laisser la plaie se refermer.


Comment sait on que la blessure est refermée ?

Lorsque l’on n’est plus attiré par le bourreau spécialisé dans ce type de blessure. Et, vu que notre corps de souffrance n’émet plus la même fréquence de victime, la bonne nouvelle c’est que le bourreau en question n’est, lui non plus, plus du tout attiré par notre nouvelle fréquence !

Mais rassurez vous, vous avez plein d’autres blessures et vous allez encore « tomber amoureux » de plein de bourreaux qui vont se sentir super attirés par votre fréquence ! J’ai alors compris que la source du mal-être n’était pas dans les circonstances extérieures, mais en soi.


Et je suis partie chercher cette chose en moi qui ruinait tous mes efforts pour aller bien : l’Ego. Je suis aujourd’hui convaincue que sans Maitrise de l’Ego, celui-ci parviendra, à plus ou moins long terme, à mettre en échec tout effort pour aller bien.


Pas très romantique tout ça me direz-vous. Si toutes les relations ne sont que pathologiques, alors à quoi bon ?

Et bien déjà, parce que les relations pathologiques ont ce pouvoir d’éveiller votre conscience et de réparer vos vieilles blessures, ce qui nous permet de guérir et d’ensuite pouvoir vivre une vraie relation d’amour dans laquelle on souhaite être dans le partage et non dans la mendicité.


Etudiante, déjà, j’avais une vision bien personnelle de la vie amoureuse.

Je pensais que l’on se trimbalait des manques en formes de rond, triangles, carrés, rectangle…, et que notre vie amoureuse était une suite de relations où l’on attirait à soi la forme complémentaire qui comblerait ce vide.


Comme dans ces jeux d’éveil pour les enfants où il faut faire correspondre une forme avec son réceptacle. « Voilà, j’ai rempli mon rond, je vais maintenant passer à la relation triangle » … Ainsi de suite jusqu’à avoir rempli tous ses vides. Et je pensais alors que ce n’était qu’un fois tous ces vides remplis que l’on pouvait enfin se sentir plein et vivre une vraie relation de partage, mais qu’on fond, n’ayant plus de vide à remplir, on n’en ressentait plus vraiment besoin .


Dans cette vision, il fallait non seulement avoir rempli tous ses ronds, carrés triangles et rectangles, mais que l’autre l’ait fait aussi. Ce qui réduisait encore considérablement la probabilité d’une relation de partage.


Devant l’improbabilité de vivre ce type de relation, j’avais alors pris le parti de me tenir le plus loin possible de l’inévitable souffrance qu’engendrerait toute relation « amoureuse ».


Je savais déjà mon corps de souffrance porteur de bâtons de dynamite prêt à m’exploser en pleine figure au moindre courant d’air et il fallait absolument me protéger de ceux ci. Je me suis alors construit une forteresse infranchissable qui m’a plutôt bien protégée dans la durée. J’ai malgré tout parfois baissé la garde ou pas vu venir la foudre qui allait s’abattre sur moi.


Alors malgré toutes mes protections, je n’ai pu éviter de tomber moi aussi amoureuse des «mauvaises personnes» ou plus exactement des bonnes personnes pour me montrer mes vieilles souffrances. Et quand j’en ai eu marre de me sentir impuissante face au potentiel « destructeur » de l’autre , je me suis mise au boulot pour désactiver mes bâtons de dynamite et m’apporter à moi même l’amour que je quémandais à l’autre.


Je pense aujourd’hui qu’il n’est pas nécessaire d’avoir dégommé toutes ses anciennes souffrances pour pouvoir vivre une relation de partage. Il faut en revanche s’efforcer de vivre cette relation en conscience afin de pouvoir rester calme lorsque qu’une vieille souffrance est réveillée par l’autre et aussi aider l’autre à traverser ses propres zones de turbulence. Il faut aussi être prêt à voir l’amour que donne l’autre même s’il nous le livre en format « carré » alors que c’est d’un « rond » que l’on croit avoir besoin.


Car à la fin, rond, carré, triangle ou rectangle ça reste de l’amour, et c’est tout ce qui compte… (je sais, on se croirait chez les Barbapapa !)
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